l'équipière

miserere chiapas

Bon euh!!!  Mexico ce n'est pas que ca, je vous jure, mais l'ivresse du flacon qui nous rejouit la trogne, fait aussi parti du voyage, que demande le peuple?

Et pourtant, une traversee du  chiapas nous a demontre, misere a l'appui, que le sous commandant Marcos a bien du pain sur la planche et que zapatta doit se retourner dans sa tombe!

Les indiens envahissent les trottoirs de san cristobal, et tentent de subsister sans mourir tout a fait, en vendant aux touristes des merveilles    pour trois francs six sous.

Les momes n'ont de l'enfance que les traits juveniles. Le  travail pour aider leurs parents, les occupe du matin a la nuit. Petits bouts de chou, au facies glorieux de leurs ancetres mayas, a la peau cuivree comme l'ambre   du chiapas, puisent a l'ecole de la rue ce qu'ils n'auront jamais a celle des instituteurs.      

C'est un peuple beau, fier , courageux et terriblement opprime

QUE VIVA LA REVOLUCION!!!!!!        



Publié à 01:41, le 19/07/2010,
Mots clefs : indienschiapasivrogne


aie caramba!!!

ce matin, je l'ai bien senti, mon nez a fremi! Le coquin, endormi depuis des mois, s'est soudain eveille a l'arrivee des beaux jours. Force me fut imposee, d'aussitot lui courir apres!

Ainsi fut fait. Le voila donc qui prend la direction de l'ouest, direction le Mexique, et moi derriere. Porque no? Apres un rapide tour d'horizon qui me le revela aussi arride que le grand desert d'australie (pas d'amoureux, pas de capitaine, pas de travail, les potes egalement en vacances), alors pourquoi hesiter, allez hop en selle, vamos a Mexico!

Bon je vous passe  le depart, l'avion, la trouille, tout ça je vous l'ai deja fait me semble t-il, sautons directement au plat de resistance si vous le voulez bien, Mexico.

Premier pas dans la ville gigantesque, qui nous avale avec la voracite d'un boa constrictor, le ciel obscur deverse des trombes d'eau, je ne savais pas qu'il pouvait en contenir autant. Il parait que nous gouttons la queue du cyclone qui a sevi dans le golfe du mexique. Chaque goutte nous tombe dessus avec la force d'un meteorite lance par odin en personne, depuis proxima du centaure! En 5 secondes nous pateaugeons de l'eau jusqu'aux chevilles, la mise en pli en berne et le moral en deliquescence. Mais ne perdons pas courage, Mexico est a 2000 metres d'altitude, le climat tropical les tongs et les cocotiers ce sera pour plus tard.

avant d'etre noyes dans le caniveau et emportes par les egouts, nous trouvons refuge dns une auberge de jeunesse qui heureusement ne rechigne pas a heberger les quinquas ruisselantes. Toutes les nationalites s'y cotoient avec bonhomie et les parois filiformes nous livrent les secrets d'alcoves de nos voisins de chambre.

Bon installation, essorage, cerveza, tacos, tout ça c'est bien joli mais il  s'agirait de ne pas  s'endormir sous le sombrero. Allez  zou! au temple Azteque de Teotihucan .

Cite magnifique, aux pyramides dedaigneuses et terrifiantes, remarquablement conservees. Il suffit de fermer les yeux pour s'imaginer la vie des indiens au pied de ces edifices imposant, et en forcant un peu on entend le sang des sacrifices, ruissele par la bouche beante de Quetzalcoatl, le celebre serpent a plume.

la multitude de vendeurs disseminee sur le site nous trouble un peu la serenite, mais chacun se doit de faire ce pourquoi il est la. le touriste pour tourister, le vendeur pour l'entuber et de ce fait subsister un tant soit peu. (dicton azteque bien connu).

Ainsi tout le monde est content et l'equilibre du monde est preserve!



Publié à 02:09, le 9/07/2010,
Mots clefs : départMexiquevoyage


signatures, dédicaces et coups de gueule

voilà a quoi ressemble un salon du livre. Dédicace au festival "ici et ailleurs" de Brest.

Par la magie de quelques mots issus de mon imagination débridée et agencés au mieux possible pour en faire des phrases, me voilà devenue "UN AUTEUR". 

On me reçoit comme tel, on m'installe dans des hotels, me nourrit de mets du terroir (breton pour la plupart du temps), puis l'on m'assoit derrière une table où trône "mon oeuvre" que je n'ai plus qu'a signer sous l'oeil embué d'émotion de mes fans! Incroyable non?

J'ai ainsi l'impression de vivre la vie de quelqu'un d'autre l'espace d'un week end. Sensation plus que bizarre mais que vous avez peut être éprouvé? Ce moment si étrange où l'on se demande ce qu'on fait là, est-ce un rêve éveillé? Est ce une erreur? une Mystification?

Bien sur la béatitude perd un peu de son ampleur lorsqu'au final vous avez vendu 6 livres, soit pour vous, un bénéfice étourdissant de 9 euros! (le reste allant dans la poche de l'éditeur, du libraire, du distributeur, de l'imprimeur... Je crois n'avoir oublié personne.)

Bien évidement je n'ai pas écris  pour l'argent et heureusement. Les multiples rencontres et contacts faits à l'occasion, eux n'ont pas de prix, et à chaque salon, je deviens Alice tombant dans un puit sans fond pour attérir dans un monde différent où somme toute, j'apprends à faire ma place.

Tout cela ne peut evidement pas remplacer le voyage, c'est pourquoi le 5 juillet, je sors mon sac à dos, l'epoussette un peu et zou, au Mexique! De nouvelles aventures m'attendent et j'espère vous les faire partager en direct, si je ne m'enlise pas dans le pétrole de cette PUTAIN de marée noire!

Ah! Un autre coup de gueule. Ce matin La direction de france inter a viré didier Porte et Guillon, et à l'image de la bonne des Duquesnoy dans "la vie est un long fleuve tranquille", enceinte jusqu'aux yeux et s'obstinant a repeter: " je vous assure madame que je n'ai jamais couché avec un garçon", Hees  serein et débonnaire affirme lui aussi "je vous assure je ne suis à la botte de personne et n'ai reçu aucune pression".

C'est ça ouais!!!

Coluche au secours, ils sont devenus lâches!



Publié à 18:20, le 23/06/2010,
Mots clefs :


écriture, nostalgie,

Petit retour en Thaïlande, une île inconnue ou presque, dont je tairai le nom car je ne suis pas partageuse! Chaque matin on s'éveille au chant du lagon, juste une case nichée dans les cocotiers, la douceur d'un hamac qui berce mes illusions et l'aboslue tranquilité d'une vie reliée à la nature et rien d'autre. Ah! Nostalgie quand tu nous tiens!

Aujourd'hui mon voyage est littéraire, un drôle de monde, je vous prie de le croire. Mes premiers pas en dédicace et dans les salons de livres sont exaltants eux aussi. Des rencontres, des situations nouvelles où l'on vient m'attendre au train pour me conduire dans des hotels aux draps frais et blancs et aux salles de bain rutilantes.

Mes bungalows de pandanus tressés me manquent un peu je l'avoue, par contre mes douleurs lombaires de "quinqua", elles, sont ravies!

Après un salon du livre de mer à binic qui m'a donné l'occasion d'un week end bien plaisant en Bretagne, je m'embarque pour le Conquet le 8 et le 9 mai, rendez-vous au salon du livre de mer, puis le festival "ici et ailleurs" a brest le 6 juin et pour finir à noirmoutier  pour le salon "livres en mer" le 12et 13 juin.Y viendrez-vous?

A ma grande joie, "l'équipière" fait des adepts, mais génère également des critiques plus ambigues comme celle de STW, que je trouve un peu alambiquée et bien cérébrale!  Mon ton caustique en agace plus d'un semble t-il, ce que je peux comprendre, je m'excuse humblement si j'ai blessé quelques uns ou quelqu'unes!

Mais après tout, une critique même tiédasse en est une quand même et cela me va très bien, je ne suis pas bégeule, car pour que survive mon livre, peu me chaut de la façon dont en parle, le principal est qu'on le fasse! Vous trouvez ça peu moral? Je me paierai le luxe de l'être lorsque Arthaud ou Gallimard me feront les yeux doux.

Non je rigole! Jaune parfois, certes.

Vous savez quoi? Me prenant pour un écrivain, j'ai commencé un roman. Que c'est dur! Mais quel bonheur! Il me vole déjà mes jours et mes nuits et je promets de vous tenir informé de ses progrés ici même. Il y aura bien sûr de la mer, du voyage, des personnages complexes et du drame et de la...dérision!  Y'a plus qu'a touiller tout ça et goutter la mixture. Bientôt.

Enfin peut-être! 



Publié à 11:35, le 20/04/2010,
Mots clefs : bric à brac


salon nautique 2010

SALUT A TOUS

 DU 7 AU 13 DECEMBRE C'EST LE SALON NAUTIQUE DE PARIS.

J'Y SERAI LE VENDREDI, SAMEDI, et le DIMANCHE POUR PRÉSENTER MON LIVRE "L'ÉQUIPIÈRE". (sur le stand du "chasse marée").

venez donc me voir, ca me fera plaisir! on pourra parler bateau, voyages et rêver, ultime liberté offerte à tous et dont on a bien besoin!

 



Publié à 08:48, le 25/11/2009,
Mots clefs : salon nautiqueInvitation


"l'équipière" le livre!

l'équipière chers amis, "l'équipière" sort en livre aux éditions : les deux encres, et je ne vais pas me gêner pour en faire la pub!
Si vous avez aimé le ton souvent caustique, parfois grave voire poétique,mais toujours véridique, si vous avez fait fi de l'esthétique déplorable du blog et pardonnez mon niveau préhistorique en tant qu'informaticienne, vous serez heureux de retrouver mes aventures maritimes "presque sérieuses" au grand complet.

A commander d'urgence contre la morosité ambiante, (sur internet aux éditions : les deux encres) et bientôt dans les librairies, enfin je l'espère, les voies de l'édition me sont souvent impénétrables!

En prime voici la quatrième de couverture :

"la cinquantaine perplexe, Joëlle CHAMALETest une voyageuse solitaire au parcours déjà bien étoffé. Pourtant, dans son grenier intérieur, un rêve encore en gestation : "embarquer sur un voilier comme équipière au long cours, et si possible avant d'avoir un déambulateur!".

Parce qu'il n'est jamais trop tard pour vivre ses désirs les plus fous, elle est partie en bateau, sur la mer et les océans.

Voici le récit décalé et atypique d'une aventure maritime, raconté par un drôle de petit mousse qui adore en vrac les bateaux, Led Zeppelin et les îles désertes. L'auteur nous livre sans complexe tout ce qu'il faut savoir pour ne jamais mettre le pied sur le pont d'un voilier, mais tout ce que vous devez connaitre pour en avoir terriblement envie!

De sa conception à sa réalisation, un périple savoureux qui l'a mené de Sète aux îles Fidji, en passant par le Cap Vert et la Polynésie française, du Capitaine Crochet à Surcouf, le tout raconté par une quinqua au coeur d'artichaut, avec une verve insolente, drolatique et délicieusement intime. sac au dos ou en bateau stop, découvrez au fil de l'eau, le voyage plein de t'endresse d'une équipière de chos totalement novice et pétrie d'humour".


                              VOILA!!!!

 

mon site, je vous préviens, il est est tout aussi moche que le blog, mais il y a des photos!

http://monsite.orange.fr/equipiere


 



Publié à 16:19, le 12/10/2009,
Mots clefs : livre


retrouvailles

 

NON ! Mon voyage n’est pas terminé, ni mon imagination envolée. Alors pourquoi ce long silence, ce grand vide abyssal qui m’a tenu éloigné de mon blog?

Heu !!! A la vérité il n’y a pas de raison valable, à part peut-être un léger laissé-allé  passager. Voilà tout, et peu me chaut que l’on m’en tienne rigueur. Alors du passé faisons table rase et sans rancune aucune reprenons là où je vous ai misérablement laissé choir.

Il me semble que dans mon denier billet, je vous faisais partager mes vues plus que fantaisistes (mais oh ! combien vécues), sur mes capitaines préférés. Ode quelque peu caustique, je l’avoue, dédiée aux marins de rencontre. Mais gardez à l’esprit que ce n’est évidement pas exhaustif. Vous avez compris aujourd’hui ma propension à l’exagération. Alors, soyons fous, soyons gais et délirants et buvons frais !

 

Après l’extraction aux forceps de Suvarov, s’ensuivit une navigation sans autres remous que le doux quotidien vécu sur un bateau (déjà décrit), lorsque les flots vous en veulent personnellement, que les nuages vous plombent l’horizon, et que votre estomac vous démontre cruellement que c’est lui le chef ! Un vent à décorner les licornes, des grains en enfilade, le bateau a le hoquet et les haubans jouent du hard rock. Cela a suffit pour me terrasser en plein vol, abattue comme une quille, je gis sur ma couchette, agonisante. Plus de jus, plus d’envie, plus rien, juste une immense lassitude.

Aujourd’hui, c’est décidé, je déteste la mer !

Nous avalons nos 270 miles comme une soupe à la grimace. Trois jours de nausées qui en paraissent dix. Au bout Wallis nous attend.

 Plus perdu, ça n’existe pas ! Ou alors le Capitaine Cook ne l’a pas encore découvert.

10000 âmes qui s’accrochent sur ce petit bout de terre mystérieusement français. Policiers et fonctionnaires poopas, aux petits shorts bleus si sexy, s’y ennuient fermement, nonchalance de l’administration où le tampon officiel pour les passeports est resté bloqué sur 2007 ! Déjà, la ligne de changement de date que l’on chevauche souvent dans ce coin ci du globe, nous opacifie l’entendement ! On est toujours un jour plus tard ou plus tôt que ce que l’on pensait, ravis de gagner un jour, mais angoissés d’en perdre un. Mais la vraie question est : Où a-t-il bien pu passer ? Ce mystère temporel n’a de cesse de me harceler les méninges. Alors si la confusion des années s’en mêle, c’est à y perdre son wallisien !

 

Une vie au ralenti, des villages clairsemés, une église hideuse, vague copie d’une cathédrale. Un charme tranquille et désuet. Mon Cap ne goûte guère la sérénité du lieu. A quoi s’attendait-il au juste ? A une casse auto ? Un concessionnaire Citroën ? Le musée du moteur à explosion depuis son invention ?  Moi je préfère ça. J’espère toujours ces morceaux de cailloux disséminés dans le grand bleu, certains habités comme par inadvertance, d’autres pas, juste le hasard d’une migration facétieuse, un caprice de l’histoire qui égrène des poignées d’hommes aux quatre vents, comme le vent dissémine le pollen et fécondent ainsi des lieux secrets.


A SUIVRE…                                                                                          

 



Publié à 12:52, le 1/06/2009,
Mots clefs : wallis


Tom Neale et Suvarov

Buste de Tom neale fait par un voileux de passage, en souvenir d'un homme épris de solitude à l'exès et qui vécu à suvarov une expérience en solitaire hors du commun, durant près de 7 ans. John le nouveau gardien des lieux vit ici 5 mois par an avec sa femme et ses quatre garçons, et Robinson Crusoé à côté, c'était de la gnognotte!

Publié à 11:01, le 3/02/2009,
Mots clefs :


oursin crayon

L'incroyable oursin crayon, qui vous offre à sa mort, ses stylets d'un mauve vélouté, abandonnés par milliers sur la plage de suvarov. Je les cueille par brassée, comme des fleurs minérales, pour m'en faire des parures de reine!

Publié à 10:49, le 3/02/2009,
Mots clefs :


le marin

Le marin est un mammifère à sang variable, il cultive une logique imparable qui lui est propre mais laisse souvent les femmes pantoises. Par exemple il peut lui arriver de changer les joints de sa pompe à gasoil au dessus de vos carottes râpées et vous sermonner si vous posez vos fesses humides sur la banquette ! Son échelle des valeurs est proportionnellement inverse à celle d’un terrien.Le marin a rarement mal au cœur, il est capable d’avaler son cassoulet froid Leader Price sous votre teint verdâtre sans éprouver la moindre gêne.Le marin a un langage qui lui est propre et il est vain à nous autres néophytes de tenter d’y comprendre quoique ce soit. Dés qu’il se retrouve avec ses congénères, on croit saisir que la seule chose qui les fait respirer, c’est le grain et le galbe d’une voile, le sens de la houle, le diamètre d’un hauban ou la passionnante vie des moteurs !Le marin passe un tiers de sa vie à bricoler n’importe quoi, pourvu qu’il bricole. S’ensuit parfois des dialogues surréalistes.« Passes moi la biellette crénelée et tiens bien le tube étambot sous la bague graphite ». Le tout marmonné la tête dans la cuvette des WC_Quoi? _le truc là, derrière le machin ! ».

Si vous n’y prenez pas garde, le ton peut monter devant votre air parfaitement ahuri, et il est alors urgent de ruer dans les brancards sous peine d’être pris pour l’apprenti souffre douleur.

De même que le Capitaine est maître incontesté sur le pont de son voilier, droit comme son mât, fort comme un brise glace, sûr comme un remorqueur, il peut tout aussi bien se révéler esquif en coquille d’oeuf, dés qu’il met le pied en ville, où il devient alors aussi vulnérable qu’un oisillon tombé du nid. On est presque tenté de le prendre par la main pour l’aider à traverser la rue, tant on a peur qu’il n’y parvienne sans casse ! Dans chaque marin sommeille un peu du pithécanthrope, ce qui les oblige à parler grivois entre eux à l’approche d’une paire de jambes jouant du ciseau ou de deux airbags surdimensionnés en goguette.Le marin est superstitieux et s’invente une ribambelle de tabous à respecter sous peine de s’attirer les foudres du malin. Moi qui adore les chats noirs, qui ne passe que sous les échelles, qui élèverais sans problème une portée de lapins sur un bateau et fait sécher mon parapluie dans mon couloir, je risque chaque jour le bûcher !Mais quel qu’il soit, il partage avec ses semblables un amour absolu pour son destrier à voile et une passion tumultueuse avec la mer. Il est également porteur d’un zeste de vague à l’âme, d’une bonne rasade de mauvais caractère, parfois d’une resucée de machisme qu’il convient de surveiller de près, et d’une sacrée louche de charme. Mélangez le tout et vous obtenez un cocktail aussi attirant qu’horripilant

Publié à 04:47, le 30/01/2009,
Mots clefs : même pas peur


flashback (suite)

Dans l’instant qui suivit il fallut maintenir coûte que coûte le bateau dans son cap pour ne pas se faire rouler bouler, trouver les outils dispersés aux quatre coins du carré, se jeter sur la jupe arrière dans un équilibre précaire, tête dans l’eau et fesses à la lune et dans ces conditions déterminer les causes de cette étrange castration et pour finir y pallier très vite. Autant laisser tomber et se foutre à l’eau tout de suite, ça sera plus rapide.Heureusement mon Capitaine n’était pas du tout de cet avis. S’ensuivit alors pour lui un exercice d’équilibriste virtuose pour réparer ce putain de boulon qui bien sûr avait cassé net.Je me mis alors à haïr la navigation, la mer, les bateaux, les marins et tout ce qui pouvait se rapprocher peu ou prou de quoique ce soit ayant rapport avec de l’eau, sauf une douche chaude !   Fort heureusement le Cap réussit une réparation de fortune, ce qui me fit revenir quelque peu sur mes résolutions guerrières, il ne restait plus qu’à prier très fort le dieu des safrans pour que cela tienne. Pas de problème, si ça marche, je veux bien me mettre à plat ventre et lui lécher les boulons à ce pauvre chéri ! De savoir ma vie maintenue par une goupille grosse comme une épingle, avait de quoi me hérisser les poils des bras, mais je réussis à maintenir la muselière bien serrée sur ma panique naissante. Ce n’était vraiment pas le moment qu’elle ouvre son bec ! Raide comme un poteau, la mâchoire soudée à l’acier, je semblais maîtriser la situation alors que mon intérieur était en vrac et que mon cœur me jouait les tambours du Bronx !Au troisième jour, la vue de Majorque au loin ne fut rien d’autre qu’un mirage inaccessible, un vent mauvais nous en interdisait l’entrée, je salivais d’envie devant le défilé des baies toutes plus tentantes les unes que les autres. Les eaux y semblaient de paisibles lacs alors que nous étions aux mains d’une furie déchaînée !Il fallut tenir ainsi jusqu'à Ibiza où quelqu’un de sensé n’aurait vraiment pas l’idée de venir se reposer. Les boites de nuits géantes et les hôtels en brochette, très peu pour moi. Mais dans ces conditions une île pleine de cannibales aurait fait l’affaire.Le petit matin blême nous vit alors arriver encore plus blême que lui, hagards, un brin dégoûtés jurant bien, mais un peu tard que l’on ne nous y reprendrait plus.   A la fin de cet épisode peu glorieux il me fallait savoir si j’étais prête à continuer. La réponse ne fut pas longue à fuser dans ma petite tête. « Si j’aurai su, eh ! Ben j’aurai venu quand même ». 
   
      

Publié à 09:36, le 14/12/2008,
Mots clefs :


Mon île à moi toute seule

Suvarov, j'y suis, j'y reste!



Publié à 05:08, le 5/12/2008,
Mots clefs :


petit retour en arrière

 

Je ne sais pourquoi, mais me voilà prise d’une furieuse envie de flash back ! Vous devez vous souvenir que cet embarquement (que je relate ici en temps réel), est le second volet de mes aventures sur la mer. Mes aspirations en tant que mousse, ont tenté une première percée ravageuse il y a deux ans, et je me mis alors en quête d’un Capitaine (Surcouf de préférence), ce qui ne m’épargna pas  "Crochet" dans un premier temps, que je vous décrirai ultérieurement dans toute sa splendeur et toute ma rage ! Bref, un aimable compromis entre Moitessier et Haddock fit néanmoins l’affaire et je pus me lancer dans mes phantasmes marins, la fleur aux dents, la trouille au ventre et guère plus aguerrie qu’un bébé ouistiti dans la jungle équatoriale !

Comment oublier le départ  de Sète en partance pour le cap vert, où je vécus  pour mon baptême, une branlée magistrale, ce qui vaut bien un petit compte rendu juteux. Alors accrochez-vous et serrez les fesses ! 

En retrouvant petit bateau à Ballaruc, je me sens soudain très ébranlée. Je deviens comme un cheval apeuré qui refuse l’obstacle. Il m’apparaît si petit ! Quoi ? Lui tout seul au milieu de l’océan avec moi dessus ? Quelle folie. Non, pouce ! Je ne veux plus, c’était pour rire, du vent, du flan ! N’avez-vous pas compris que c’était juste pour me rendre intéressante ? Machine arrière toute. Mais il est un peu tard pour faire mon caprice. Heureusement que je ne sais pas ce que je veux ça me permet de faire n’importe quoi !

La suite n’est plus qu’un grand tourbillon dans lequel je n’ai plus le temps de penser ni d’avoir peur, je suis dans le siphon et je pars avec l’eau du bain !

Gilles est parti sur les chapeaux de quilles et à peine ai-je eu le temps de jeter mon paquetage sur le pont qu’il lève l’ancre.

Nous quittons Sète au petit matin pour la grande aventure de ma vie, sans me rendre compte de ce qui m’arrive et sans avoir accompli les petits rituels dont je suis coutumière. Par exemple me dresser à la poupe et crier au vent « je suis la reine du monde », comme je l’avais prévu ou bien ranger toutes mes petites culottes en ordre de préférence et mes livres bien nichés au sec dans leur équipet. Pourquoi cette précipitation ? Je ne sais pas, il paraît que ce sont des trucs de marins ! Vous ne pouvez pas comprendre.

 La première journée débute pourtant sous de bons auspices. Vent câlin nord, nord-ouest, force 3 à 4, qui nous pousse gentiment vers le sud. Soleil, douceur, bref jusque là, ça colle plutôt bien avec mon film personnel. Et puis le soir tombant, petit vent pépère s’est mis à bomber le torse et à nous baffer avec entrain à coup de force 5 puis 6 et puis n’hésitant plus il est passé directement à 8, histoire de nous réveiller un peu. Ce fut plutôt réussi.

Brusquement, caresser l’échine de la mer hérissée d’une colère blanche et mousseuse devint une vraie partie de plaisir. Elle cherchait délibérément à nous expulser de son dos la vilaine, comme un chien qui veut se débarrasser de ses puces !

Très vite des creux se formèrent jusqu'à 6 mètres et par conséquent des bosses. Six mètres, cela peut paraître mesquin, mais quand il s’agit de six mètres d’eau qui vous foncent dessus dans la nuit avec un bruit de locomotive, on fait moins la fière. Le pire c’est de les entendre avant de les voir, juste un grondement sourd dans son dos et au dernier moment un voile sombre et menaçant au dessus de la tête, qui cache brusquement la pâle lueur des étoiles. Un suaire immense et morbide. Terrifiant !

Nous nous retrouvions les coques de noix, mon Capitaine et moi comme de gros navets dans un chaudron bouillonnant qu’une sorcière maléfique avait allumé sous nos fesses. Restait à savoir à quelle sauce elle allait nous bouffer. A l’étouffée ou à la nage ? Installer le pilote automatique devint impossible et il nous fallut tenir toutes ces heures accrochés à la barre comme des arapèdes sur leur rocher.

Devant ces flots impétueux mon estomac déclara forfait sur le champ et refusa obstinément de recevoir toute pitance solide ou liquide durant ces quatre jours. Ce n’était plus qu’une chaussette vide et flasque, horriblement douloureuse à mesure qu’elle se retournait pour en extraire du jus d’estomac concentré. Et pour couronner le tout, un froid hivernal, qu’une transformation en Inuit frileuse n’arrivait pas à combattre.

Il n’y a pas à dire, ça commençait sur les chapeaux de roues !

La tête dans le seau, je me sentais misérable, j’avais tout l’air d’une noyée tirée d’un marécage glauque, je sentais le chien mouillé et bien d’autres choses encore que je tairais ici !

Je me traînais de ma couchette à la barre pour remplacer un peu le Capitaine ivre de fatigue, essayant de ne pas paniquer devant les monstres liquides qui surgissaient de la nuit comme une meute de loups affamés. Il fallait alors négocier avec eux pour ne pas se faire mordre sur le côté. La peau des mains très vite usée par la rudesse de la barre (c’est pire que la vaisselle, je vous prie de le croire), les muscles tendus comme des cordes de piano, le dos fossilisé, j’attendais comme un zombie la fin de mon quart pour pouvoir me jeter sur la banquette, prisonnière de mon ciré glacé, m’enrouler dans le duvet trempé et sombrer dans un demi sommeil inquiet.

Mais il faut croire que tout cela ne suffisait pas, nous n’avions pas atteint les sommets de ma terreur, alors les vilains génies de la mer s’empressèrent d’en remettre une couche. Tandis que je luttais contre les vagues d’une énergie de plus en plus moribonde, la barre soudain entre mes mains se mit à branler curieusement, un des safrans avait visiblement l’intention de se faire la malle et le bateau brusquement privé d’une de ses « coucougnettes » semblait lui aussi tout désemparé.

Là je dois dire que je commençais à envisager sérieusement une issue fatale à cette aventure à peine commencée. Du plus profond de mon être montait insidieusement le seul mot qui me venait alors à l’esprit : « maison, maison » !

 A suivre…

 

 


 

 

 

 

 

 



Publié à 10:53, le 24/11/2008,
Mots clefs :


suvarov (suite)

 

Les grains me trempent, le vent m’assèche, le corail me cisaille la peau, la vague me sale. Je suis le jouet des éléments, marionnette consentante entre leurs mains, je m’abandonne. Qu’ils fassent de moi ce qu’ils voudront. Posée sur mon île myosotis, je sens la lente rotation de l’univers autour de moi. Mon esprit part en vrille total. Je deviens Virginie sur l’île Maurice, Robinson dans sa cabane et Pénélope à Ithaque. Je suis un peu de Gerbault, de Moitessier, de Neale. Je suis coquillage, bigorneaux, grain de sable, écume, tout cela à la fois, partie intégrante de la grande alchimie qui fait de moi un être terriblement vivant !

  J’ai eu droit ainsi à mes trois jours. Trois jours de grâce absolue et puis ils ont débarqué. Les Autres ! Conquérants, bruyants, envahissants.

Vous décrire mon degré de fureur est difficile. Je souffris alors d’un accès de Misanthropie aigue qui me secoua comme un séisme. Je nageais en plein délire de persécution.

-« Allez vous en, oust, barrez vous, c’est mon île, elle est à moi, à moi ! ».

Je me sentais trahie par Suvarov, rattrapée par une banalité que je refusais absolument d’admettre. La troupe bruyante m’avait remis les pieds sur terre, il n’y avait pas eu la troisième guerre mondiale et je n’étais pas seule au monde.

Bien sûr ma hargne n’a pas durée. Deux jours à jouer les sioux planqués derrière les cocotiers au moindre bruit de voix, et je suis redevenue l’être affable et ouvert que vous avez dû deviner en moi depuis le début ! Aussi toute rage consumée et toute honte bue, j’acceptais l’invitation pour un grand barbecue sur la plage, car à promesse de vin fin, la misanthropie ne tient point !

A heure dite, les Italiens nous donnent une leçon de spaghettis « al dente ». Les Anglais qui ne sont pas une référence culinaire s’extasient, les Français, eux appellent ça « pas cuit ».

 

  Neuf jours passent en état d’apesanteur. Il nous faut partir, je m’y résous non sans avoir caché un bout de mon âme dans une porcelaine qui dormait sur le sable.

L’ancre couine, le moteur sort de sa léthargie, le fantôme de Tom Neale agite le bras sur le rivage, le bateau vire, c’en est fait !

Je range gentiment Suvarov dans mon coffre à souvenirs, au rayon « cru exceptionnel », et m’en vais vers d’autres aventures.

Mais comment vivre le quotidien après Suvarov ?



Publié à 05:31, le 14/11/2008,
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suvarov, mon île deserte

 

 

Loin, très loin là-bas, sur l’électrocardiogramme ultra plat de l’horizon, l’aiguille a soudain frémi et dessiné une brisure, une minuscule boursouflure qui rompt la platitude. La galette enfle de son levain à mesure que nous approchons. La chanson des brisants se fait entendre, la ceinture de chasteté nous offre sa faille unique, le goéland d’acier pénètre le lagon comme un spermatozoïde fend un ovule et nous le fécondons enfin de notre présence.

Alors c’est ça ? Voilà ce que procure la vue d’une île déserte ? Bon sang ! Ca pique le cœur, c’est fort comme le vent sauvage qui déboule sur l’océan, comme toutes les épices du monde réunies dans mon assiette. Une idée de début du monde qui déploie devant mes yeux chavirés, son rivage ébouriffé de cocotiers collés serrés, faisant barrage avec le ventre mystérieux de l’île, du genre de celles où l’on enterre des trésors et où Long John Silver  nous épie à la longue vue !                    Hop là ! Il n’en faut pas plus pour que mes glandes lacrymales entrent en action et je me mets à pleurer comme un veau à en faire déborder le lagon !

   Nous jetons l’ancre dans une petite baie, sortie du pays imaginaire de Peter Pan ! Sitôt immobilisé, trois petits requins pointes noires viennent nous souhaiter la bienvenue. La couardise n’étant pas notre défaut principal, nous sautons quand même à l’eau, Franck avec masque et tuba, moi avec circonspection. D’autant que les squales ont appelé leurs copains et qu’ils sont maintenant huit à nous tourner autour. Ils ne font pas plus d’un mètre et je les sais inoffensifs, mais je sais aussi que le nombre augmente les audaces. Aussi, ne me revendiquant d’aucune espèce de gloriole, je ne quitte pas l’échelle des yeux, voire des ongles. Ils nous prennent en amitié et s’approchent si près qu’ils semblent chercher un câlin ! Sans que j’accède à leurs caprices pour autant,  ils ne quittent plus les abords du bateau de toute la journée, aidés en cela pas les reliquats de nos repas que nous balançons inconsciemment sous leur museaux avides. C’est malin, d’ici qu’ils prennent mon pied pour quelques déchets comestibles ! Mais le spectacle qu’ils offrent nous captive et nous frissonnons devant l’incroyable voracité de ces gloutons affamés. Un bouillon- nement de volcan en éruption explose à la moindre miette jetée à l’eau, jusqu’à disparition totale de celle-ci. Je ne sais comment ils différencient le morceau à déguster, du museau du voisin !

   Nous voilà seuls au monde avec des milliers de poissons et d’oiseaux. Peut-être que la troisième guerre mondiale a anéanti la planète. Qui sait ? Peut-être sommes nous les uniques survivants. Allez savoir ?

Avec l’émotion que vous pouvez imaginer, je descends à terre pour dessiner mes premières traces sur le sable vierge. Nous partons en balade à petits pas précautionneux. Tandis que mon Cap s’extasie sur de vieux alternateurs rouillés et des poêles à pétrole désossés que la mer a recraché avec dégoût, je m’embellis la boite à images avec la multitude de coquillages qui jonchent la plage, les gros bernard-l’ermite qui s’enfuient comme des dératés à notre approche et les bois flottés, sculptés par une mer de génie, échoués sur le sable praliné.

Je pénètre dans la touffeur de la cocoteraie qui bruisse comme une vierge effarouchée en crinoline de crépon. Des lézards patinent sur les feuilles, des cocos plombent le sol dans leur chute, des petits rats d’opérette trottinent menu, des moustiques affamés jouent Apocalypse now autour de mes chevilles. C’est toujours affamé ces bestioles. C’est incroyable ce qu’ils peuvent engloutir. Mais où diable mettent ils tout ça ?

 Au bout de cette première journée je n’ai pas trouvé le trésor des pirates, mais l’île elle-même en est un merveilleux et je rentre au bateau avec des étoiles plein les yeux.

Une nuit d’obsidienne tombe sur ma première île déserte. La lune a jeté une flaque de miel sur le lagon, je choisis du Chopin, le meilleur coussin, mon estomac m’autorise un verre de vin et je me pâme d’extase !

 La vie sur une île déserte c’est tout comme je l’avais imaginé ! L’aube nous sort du lit par des promesses de petits bonheurs en enfilade ! Je prépare tranquillement mon thé et je sors vite sur le pont pour lui dire bonjour. Je la regarde alors s’éveiller tendrement à la caresse du soleil, dodeliner doucement de ses cocotiers, et s’étirer comme une chatte jusqu’au bout de ses palmes. Elle s’ébroue et laisse tomber dans le lagon les derniers lambeaux de nuit qui s’y diluent en pastel. Je laisse alors mon Cap en tête à tête avec ses points de rouille et ses pots de peinture, et je débarque pour une rencontre solitaire avec Suvarov.

Le pourtour réduit est une alternance de plages vanille et de platiers roses acérés, aux baignoires naturelles remplies de trésors captifs à chaque marée basse. Des holothuries disgracieuses en boudinent le fond, les poissons prisonniers me regardent venir d’un œil affolé se croyant bon pour la friture, des oursins crayon exposent en rosace leur stylet minéral violet, dans une totale impudeur. C’est d’une perfection à couper le souffle. Des crabes dansent un menuet grotesque, les Bernard-l’ermite s’éparpillent en bouquet à chaque pas, tandis que les sternes et les frégates planent au dessus de ma tête comme un nuage menaçant. Je suis l’intruse, le rat dans la noix de coco, le HLM sur Suvarov ! Leur œil vif et nerveux surveille chacun de mes pas, il ne fait aucun doute que si je me rapproche un peu trop de leur nid et de la boule de plume qui y piaille à petits cris affamés, ils attaqueraient en raid kamikaze ! L’avertissement est clair.

Le corail a réinventé le rose et le lagon le bleu. Spirales aigue-marine et volutes en dégradé, lui dessinent une marbrure exquise. C’est si beau, si beau ! Je veux rester ici, vivre à Suvarov, mourir à Suvarov.

Je m’en fiche ! Je vais m’attacher à un cocotier et personne ne pourra m’en déloger. Ah ! Rester pour l’éternité à Suvarov !

Bon, au moins jusqu’à la semaine prochaine !

 

 

 

 



Publié à 09:16, le 31/10/2008,
Mots clefs : Robinsonenfin!


PACIFIQUE (enfin)

La grand voile prend le vent dans sa bedaine rebondie. Sous sa force têtue, le voilier appuie tendrement son flanc sur l'eau, qu'il labourre d'un sillon droit et fier. Juste une ride éphémère qui s'efface sur notre passage en catimini gardant secrètement la trace de notre migration. Il est étrange de penser que dans cet effleurement délicat et  fugitif la planète peut ainsi tournoyer sous notre quille. Il suffit juste d'un souffle d'air, d'un soc solide pour maintrenir le bateau dans sa molle blessure et d'un morceau de toile pour voler au vent sa puissance, et nous voilà éternels vagabonds si le  désir nous prend de l'être.

Alors les heures et les jours se sont mis a  deffiler et a ne plus ressembler a rien. Juste une suite d'espaces temps sans aspérités auxquelles se raccrocher. Je perds la notion du monde dés que Bora Bora disparaîtd e notre sillage.

Jour, nuit, faim, pas faim, dormir, lire, rêver...rien d'autre n'existe. Chaque matin le soleil nous revient, quelques filaments de nuages lui dessinent un abat jour de dentelle fine, il transforme les gros cumulus en barbes à papa géantes et remet mon horloge biologique a l'heure.

Le goèland d'acier a mis son tutu, mais il lui  faudrait un sacré coup de pied aux fesses pour qu'il nous joue le lac des cygnes! Pétole ou presque, les voiles claquent comme des coups de fouet, le mat fait le métronome, bloqué sur allegretto, et je découvre avec joie que je n'ai rien oublié du mal de coeur. Cependant avec la toile ajustée au Mm nous volons chèrement nos trois noeuds a ce vent capricieux. Je m'en fiche moi, j'ai tout mon temps. Il se lassera avant moi!

Les nuits sont un ravissement sur ce bateau. Il fait doux, clair, les angoisses toujours a l'affut de ma deraison ont fermé leur clapet. L'océan sans limite et parfaitement vide nous permet des quarts de fainéants. on se hisse sur le pont toutes les demi heures  l'oeil vague et l'esprit embrumé, pour retomber aussitot dans un sommeil a peine dérangé. Nous sommes l'aiguille dans la botte de foin. Le Pacifique nous offre au moins ça!

En ligne de mire Suvarov. L'île de Tom Neale. Ma future première ile deserte. 660 miles, en principe  5 a 6 jous, mais vu la roublardise du vent on ne peut jurer de rien.

Les conditions de nav ne sont pas excellentes, l'océan joue les meres "tape dur!", alternance de pétole et de grains qui nous propulsent sur la surface comme un galet lancé par Neptune en personne.

Le Capitaine pour me faire plaisir me propose de faire ce qu'il nomme lui "ses petits plats" et que j'appelle moi de "la ragougniasse". Et ça ressemble exactement avec ce qu'un mot pareil peut evoquer, je vous prie de le croire!  Le mieux evidement pour parer a cette eventualite et de se rendre maitre des fourneaux.  J'invente a mon tour, tripatouille, malaxe, mélange marrie,  je fais des crêpes, du pain, des potées, des ratatouilles, fait valser les légumes avant qu'ils ne se decomposent, accomode de mille facons le poisson peché, en carpaccio, cru a l'ail et au gingemblre, en daube, au curry... ça mijote dans la cambuse, ça glougloutte, frémit, grésille, embaume, exhale, cela me vaudrait certainement une voie lactée chez Michelin. Je joue a l petite menagere aux fourneaux, comme petite je jouais a la dinette, et puis c''est cela ou aller prendre un ris dans la grande voile en pleine nuit, pendant d'un grain. J'ai vite fait un choix, pas folle la guêpe!

Cependant tout mon être reste tendu vers l'idée d'une terre au loin, qui va briser la ligne d'horizon, mais pour l'instant de l'eau , rien que de l'eau. Je scrute avidement, les yeux me sortent de la tête.

Bientôt, je le sais, je le sens... 



Publié à 02:22, le 19/09/2008,
Mots clefs : départBateau


le goéland d'acier

                                                                                                    Eh vous avez vu comment je me la pète?

Publié à 02:52, le 9/07/2008,
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a la poursuite du soleil

Non! je n'avais pas disparue dans la nature, ni été enlevée par un guerrier audacieux qui m'a collé à la cueillette de ses noix de coco, ni engloutie dans les abysses sans fond d'un pacifique , pacifique que ça! J'ai trouvé tout simplement  un grand goéland d'acier qui m'a emporté à la poursuite du soleil, comme je l'avais rêvé.

Mais reprenons depuis l'interruption, que je vous compte par le menu, l'aventure que je viens de vivre et qui a fait enfler mon coffre à souvenirs d'un cru tout à fait exceptionnel.

    A picorer ainsi les îles avec mon sac à dos, j'en viendrai presque à oublier le plat principal! il s'agirait de reparler bateau ce me semble. Ca tombe bien , ce matin sur ma ligne internet, il y avait un poisson solitaire avec une belle proposition d'embarquement. Sa migration est alléchante à souhait : départ de Papeete jusqu'en nouvelle calédonie, en caressant de la coque toutes les îles sur le passage : Cook, Samoa, Vanuatu, Fidji...

Le bateau est une merveille, joli ketch de 13 mètres, rutilant, confort maximal, où je me vois déjà sur le pont béate et lascive, comme les vahinés sur les calendriers ( quoi?)

A notre première rencontre, le capitaine me laisse par contre comme un arrière goût d'incertitudes, une impression de malaise et une brouettée de questions à élucider.

Au demeurant fort sympathique et avenant, il n'en laisse pas moins traîner sa main sur mon bras, d'entrée de jeu, plus qu'il n'est nécessaire. Bon, je n'en prends pas ombrage outrageusement et j'essaye de ne pas tomber dans le piège du jugement hâtif . Après tout certains ont l'affectif surdeveloppé et il n'y a pas mort d'homme pour autant. Peut être n'y a t-il rien d'autre derrière ces effleurements précoces qu'une amicale sollicitude due à la précarité de l'équilibre sur un bateau!  Néanmoins, en personne suspiçieuse et sachant bien du haut de ma petite expérience que tout marin solitaire trop longtemps plongé dans les entrailles de son bateau, devient bien souvent sous haute tension à la moindre paire de jambes jouant du ciseau dans son périmètre, je tiens donc à creuser davantage ses intentions.

A notre deuxième rencontre, décidée à mettre les pieds dans le plat plutôt que dans son lit,  je pose clairement mes motivations de "voyachieuse", et m'enquiers naïvement des siennes. La réponse est sans ambiguïté. Je vous passe les fioritures et autres formules alambiquées dont il a cru bon d'user pour noyer le poisson, pour en arriver à l'essentiel:

"pas cucul, pas bateau",

OK garçon, alors ce sera pas bateau. Et pas seulement du fait qu'il a l'air d'un pot à tabac disgracieux, non! Mais lancez moi un ultimatum de la sorte et je bats dans ma fuite, des records de course à pied aux prochains jeux olympiques.

Car quoi? Fiu de ce monde de brute, et que l'on puisse encore tomber sur des personnages bon pour le formol, qui en trois millions d'années en aient si peu appris sur les femmes me laisse pantoise. Pour eux c'est sans espoir.

Je ne demande pas la lune, ni la croix du sud, mais un minimun de douceur, que diable, d'attentions, de mots pour me charmer, de temps pour se découvrir, et surtout la certitude qu'une fois en mer, si d'aventure je devais prononcer un non merci, que celui ci soit entendu sans colère ni frustration!

Autant croire au père Noël en voyant la delicatessecde mammouth de mon interlocuteur. Quoiqu'il en soit, je décroche ma ligne et l'intérêt qu'elle a suscité, et renvoie dans les couches du crétacé inférieur, le capitaine qui probablement s'en était échappé avec une machine à voyager dans le temps. Au suivant...

Je n'eu qu'à me féliciter de faire la fine bouche. Deux jours plus tard, alors que je rêvassais devant les petites annonces de la marina, entrait dans mon champs de vision, un grand gaillard aux airs d'aventuriers des mers du sud, un peu pirate sur les bords, flibustier au centre, tout sourire, franc du collier, me demandant aimablement si par hasard je n'avais pas envie d'embarquer avec lui pour la nouvelle zélande via les îles du pacifique qu'ils nous plairaient d'aborder!

Qu'auriez vous dit à ma place?

Oups! bien sûr.                                                                                                                                                                                                                                          



Publié à 01:49, le 9/07/2008,
Mots clefs : bateau sur l'eau


angoisse a maupiti (fin)

 

Deux jours de pluie ! pluie à n’en plus finir. Les branchies vont bientôt me pousser ! Les activités sur mon motu n’ont pas été grandioses. Même le lagon a perdu sa limpidité sous le feu nourri qu’il encaisse. La palmeraie est noyée dans sa morosité, et les grandes palmes, la tête basse, dégoulinent d’eau comme de tristes gargouilles.

 Dans ma tente c’est Hiroshima ! Au matin j’ouvre un œil glauque et je vois passer devant mon nez, les livres flottant tels des petits radeaux de papier. L’étanchéité de mon logis de toile a rendu l’âme, et l’eau s’est infiltrée par le tapis de sol. Je baigne dans deux centimètres d’eau tiède. Trop c’est trop ! Je déclare forfait ! Si je reste là je vais moisir sur pied, il est temps de plier bagages et d’aller m’installer au village dans une petite pension repérée à mon arrivée.

______________________________

Changement de décor ! Je somnole béatement sur mon lit, baignant dans une chaleur poisseuse, brassée sans relâche par un ventilateur asthmatique. Une douche monumentale m’a débarrassé du kilo de sable stocké dans mes cheveux et ma culotte. Quel bonheur !

 J’ai trouvé refuge chez Domi où je loue une chambre monacale, qui me donne l’impression d’être au Negresco après mes deux nuits passées dans l’eau ! Nichée au cœur du village, la pension abrite un petit groupe de routards échoués là pour un temps indéterminé, d’écrivains en mal d’inspiration, englués dans la moiteur comme dans une toile d’araignée, le doigt coincé dans le goulot d’une bouteille de bière, d’artistes en tous genres sur les pas de Gauguin en quête d’un paradis créateur, des popa’as déracinés, hantés pas des projets touristiques lucratifs, mais heureusement irréalisables, qui font des plans sur la comète chaque soir pour les abandonner au matin. Un petit monde hétéroclite qui cohabite gaiement comme dans un roman d’Agatha Christie.

La journée, chacun vaque à ses occupations, ralenti par le « fiu» ambiant. On prend des allures de paresseux grabataires pour toutes les tâches quotidiennes, le soir la vigueur revient un peu, on s’installe sur la terrasse, mettant bout à bout des morceaux de vie épars, pour évoquer un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. La soirée des anciens combattants de la route se termine lorsqu’on a fini le tour du monde, bu la dernière hinano et que le débit de boisson est fermé

.______________________________________

C’était dans l’horreur d’une profonde nuit. Tout Maupiti dormait du sommeil du juste comme de l’injuste.

   Béatement alanguie sur mon lit, vêtue du seul costume que j’avais à ma naissance, unique façon de ne pas mourir étouffer, la fenêtre ouverte pour parachever cette tentative de respirer, j’étais l’image même de la princesse au bois dormant (on peut toujours rêver) !

   Mais ce fut bien autre chose que mon prince charmant qui se glissa cette nuit par la fenêtre. Sur les coups de 3 heures du matin, un sixième sens m’avertit soudain que je ne suis plus seule dans la chambre. J’ouvre les yeux et vois pencher sur moi une armoire à glace tatouée, me regardant fixement. Un grand guerrier sorti du fond des âges, se découpant dans la clarté de la lune, immobile comme un tiki. Il est juste rentré par la fenêtre pour regarder, voir, toucher et plus si affinités.

Y’en avait pas ! je l’ai viré comme un malpropre. Dés que mon cœur a recommencé à battre, je m’expulse nue, hurlante et échevelée, et le poursuis de mes invectives jusque dans le couloir où il s’enfuit sans demander son reste, aidé peut être en cela par la vision que je venais de lui offrir malgré moi !

le reste de mon sommeil fut chaotique et agité. Fenêtre close je dus me résoudre à me liquéfier sur mon drap, le cœur encore affolé, fort démunie devant ce manque évident de civilité ! Le lendemain le récit de mon aventure nocturne fit ouvrir à tous des yeux de hiboux. « Ah ! Ben ça alors, on a rien entendu, tu penses bien qu’on serait venu sinon ».

C’est cela, ouais !!!





Publié à 11:58, le 4/05/2008,
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parenthèse visuelle

et voila devant vos yeux médusés, l'incroyable qui se produit. Après 3 mois de cafouillage honteux, j'ai réussi a mettre des photos! Sans interêt, certes! en vrac ? absolument. Débrouillez vous avec, moi je n'en peux plus! Au fait il y en plein d'autres dans l'album photo. Vous ne pouvez pas loupper ça!

Publié à 02:26, le 4/05/2008,
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